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Cinq artistes qui font bugger la machine à la Biennale des Imaginaires Numériques

Du 24/10/2026 au 13/11/2026 - Marseille - Friche Belle de Mai - 14 °
Publié par Sara Mazroui le 02/11/2026
Cinq artistes qui font bugger la machine à la Biennale des Imaginaires Numériques

À l'heure où les technologies de l'information s'immiscent dans le moindre interstice de nos existences, la 5e édition de la Biennale des Imaginaires Numériques pose un constat sans appel : l'obéissance est délétère. Du 24 octobre au 13 décembre 2026 à La Friche la Belle de Mai à Marseille, quatorze artistes internationaux s'emparent des outils numériques pour mieux les détourner, dressant le portrait d'une contre-culture technocritique, entre piratage poétique, tactiques subversives et humour grinçant.

 

Depuis vingt ans, le numérique colonise aussi bien notre sphère intime que nos dynamiques géopolitiques. Face à ce déferlement, les expositions se multiplient pour tenter de comprendre et de contrer ces structures de pouvoir oppressives et extractivistes. Mais que faire lorsque la soumission technologique devient la norme ? La Biennale, organisée par CHRONIQUES, choisit l'offensive à travers le concept du « pharmacon » — cette idée que la technique est à la fois le poison et le remède.

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Résister, détourner, enrayer : quand l'art fait bugger la machine

L'objectif affiché est d'enrayer la marche normale d'une machine devenue trop lourde. Loin de céder à une technophobie stérile ou à une fascination aveugle, les artistes adoptent la posture du « braconnier ». Ils obéissent aux injonctions pour mieux les subvertir, se font discrets, se rendent invisibles ou utilisent l'humour pour saboter de l'intérieur les logiques de surveillance. Cette édition fait également la part belle aux créateurs venus de l'autre côté de la Méditerranée — Tunisiens, Marocains, Égyptiens et Libanais — qui insufflent une énergie vitale et des perspectives décoloniales au cœur de l'événement.

Artiste par artiste : les figures de la désobéissance numérique

Pour incarner cette résistance, les créateurs invités déploient des stratégies aussi radicales qu'inventives :

Martin Le Chevallier 

Fidèle à une démarche satirique et technocritique prolongeant son Répertoire des subversions (2024), l'artiste présente des photographies inspirées des « héros de l'obsolescence ». Ses œuvres possèdent la particularité de se désintégrer de manière totalement aléatoire au fil de l'exposition, matérialisant ainsi l'urgence et l'éphémère.

Paolo Almario 

Artiste colombien installé au Québec, il signe une installation percutante qui pointe la corruption du doigt en l'affublant d'un terme de son enfance : la « marmelade ». À travers sept portraits confectionnés dans des pots de confiture de lulo autour d'un protagoniste injustement accusé, le public est invité à consommer ou à récupérer la confiture, questionnant frontalement la surconsommation.

Bérénice Serra

Spécialisée dans les médias tactiques et les enquêtes en sources ouvertes, elle s'attaque aux failles de la géolocalisation. En s'appuyant sur les fuites de l'application Strava (qui ont exposé par le passé des bases militaires ou des déplacements de chefs d'État), son projet Kudos transforme nos traces GPS en un territoire narratif pour réapprendre à lire ces flux et reprendre le pouvoir sur les médias.

Hsien Yu Cheng 

Avec son installation It Could Be You, l'artiste et développeur taïwanais explore la vulnérabilité de la vie privée à l'ère des algorithmes. En combinant apprentissage automatique et piratage éthique de forums en ligne, l'œuvre fabrique des portraits synthétiques d'un réalisme troublant pour alerter sur la marchandisation de nos données intimes.

Jeroen van Loon

L'artiste néerlandais présente Reinforced Learning, une installation vidéo ironique qui interroge nos futurs robotisés. En utilisant une IA spécialisée dans les effets visuels pour remplacer les humains par des humanoïdes dans des « vidéos de ratés », l'œuvre montre des robots se livrant à des actions irrationnelles, apprenant non pas de la perfection, mais de la mauvaise entrée qu'est l'imperfection humaine.

Réunissant également des talents tels qu'Anna Solal, Dhia Dhibi, Cecilie Waagner Falkenstrøm, Olivier Bémer, Paolo Cirio, Frédérick Maheux, Helena Nikonole, Total Refusal et Simon Weckert, cette programmation s'impose comme un salutaire musée des accidents. Elle rappelle que face au contrôle algorithmique, l'art demeure un espace souverain de liberté et de réinvention.

Informations pratiques

  • Horaires : Du mercredi au dimanche, de 14h à 19h (dernière entrée à 18h15)
  • Tarifs : Plein : 8 € | Réduit : 5 € (gratuit pour certains publics)

 

 

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